Histoire de Val d’Isère

Destin d’un village de haute-montagne devenu station de ski internationale. Le village d’antan : 9 mois d’hiver, 3 mois d’enfer.

  • Naissance d’une station : des pionniers visionnaires

Jacques Mouflier, amoureux de Val d’Isère depuis son premier séjour en 1929, est convaincu de la possibilité d’en faire une station. Son maire, Nicolas Bazile, voit dans la rigueur du climat et l’éloignement des obstacles insurmontables. De leur rencontre à l’été 1931 germe le projet de la station.

Dès 1932, les infrastructures publiques ouvrent la voie : poste, alimentation en courant électrique, adduction d’eau et aménagement de la route d’accès mais également premiers hôtels.

En 1936, le premier syndicat d’initiative représente toutes les activités économiques de la station. Il adopte un plan d’urbanisme qui garantit la sauvegarde des caractéristiques du village et divise le territoire communal en deux zones (sportive et immobilière).

En 1937, deux ministres bloqués par une tempête de neige et l’inauguration de la route du Col de l’Iseran permettent de faire connaître à la France entière le nom de Val d’Isère.

  • A l’assaut des pistes ! La création d’une école de ski

Pendant l’hiver 1932-1933, deux Autrichiens enseignent le ski aux rares touristes. Mais quatre Avalins assimilent très vite la méthode du « chasse-neige » enseignée par les Autrichiens. Les premiers cours de ski, les « Cours Vosgiens », sont proposés par Charles Diebold.

Les hivers suivants, les jeunes Avalins s’émancipent et s’initient à l’enseignement du ski. La première Ecole de Ski Français est fondée durant la saison 1936-1937 autour d’une dizaine de moniteurs.

En 1937-1938, l’école centrale de formation ouvre ses portes au Joseray et décerne ses premiers diplômes de moniteurs. L’épreuve-test du Chamois de France est créée.

  • Un développement tout schuss : l’équipement du domaine skiable

En 1938, la création de la Société des Téléphériques de Val d’Isère permet d’élaborer un vaste programme d’équipement. Une ambition à long terme : parcourir autour de la station 34 kilomètres, entre 1 850 et 3 300 mètres d’altitude, sans déchausser les skis, sans emprunter deux fois la même remontée ni descendre deux fois la même piste !

Démarrés en mai 1939, les travaux du téléphérique de Solaise sont achevés en décembre 1942. Après-guerre, l’équipement se poursuit vers le haut domaine. Au début des années 1960, le domaine compte une dizaine de téléskis et deux téléphériques.

  • Des défis climatiques

Le climat à Val d’Isère exprime sa rudesse : crue de l’Isère en 1957, violente avalanche en 1970. La couverture de l’Isère dans le village et la construction de paravalanches en sont les conséquences.

 

Le planté de bâton et la piste aux étoiles : Val d’Isère : station du ski de haute compétition

  • Le Critérium de la première neige

En 1955, le Club des Sports décide d’organiser une compétition dès le mois de décembre pour attirer les skieurs en entraînement. Dès les années 1960, les résultats de l’équipe de France incitent les skieurs internationaux à intégrer le Critérium à leur programme de compétition. Aujourd’hui, c’est une étape de la Coupe du monde qui se déroule sur la piste Oreiller-Killy, avec arrivée sur le site de la Daille et une autre sur la piste mythique de la Face de Bellevarde.

  • Jeux olympiques d’Albertville

L’initiative est lancée lors du Critérium de 1981, par Jean- Claude Killy et Michel Barnier (député de la Savoie et président du Conseil général). Annoncée en 1982, la candidature d’Albertville est la troisième française après celle de Chamonix en 1924 et Grenoble en 1968.

Val d’Isère accueille quatre épreuves masculines sur la face de Bellevarde : la descente, le slalom géant, le super géant et le combiné.

  • Championnats du monde de ski alpin

11 épreuves se disputent sur les massifs de Bellevarde et de Solaise, opportunité pour des travaux d’envergure : réhabilitation de la Face de Bellevarde, construction de la piste Rhône-Alpes sur la Face de Solaise, édification d’un centre de presse et de stades d’arrivée… Plus de 20 000 spectateurs sur 12 jours de compétition : un véritable succès populaire !

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Histoire du fornet, hameau perché à 1930 mètres d’altitude

Niché à 1930 mètres d’altitude, le hameau du Fornet a préservé toute son authenticité au fil des années. De là, les skieurs peuvent atteindre les plus hauts sommets en empruntant le téléphérique du Fornet, construit en 1972,  qui assure la liaison vers l’Iseran et le glacier du Pissaillas. Le Fornet, c’est aussi un formidable terrain de jeu pour tous les amateurs de hors pistes qui ne sauront résister à l’envie de skier sur ces magnifiques pentes vierges enneigées. Les skieurs les moins expérimentés ne sont pas en reste avec un large choix de pistes vertes et bleues.

Le Fornet est également le point de départ de nombreuses randonnées notamment celle du pont Saint Charles. L’été, les marcheurs les plus aguerris pourront se rendre par les gorges du Malpasset jusqu’au refuge du Prariond et même atteindre le Col de la Galise et le Col de la Lose pour passer chez nos voisins italiens. Pour les plus téméraires, les glaciers des sources de l’Isère offre la possibilité d’une randonnée glaciaire.

Les origines du nom

Le Fornet s’appelle ainsi car il désigne les fours à chaux dont on retrouve des traces en amont du village, le long de l’Isère. Si la vie au Fornet est paisible, la montagne n’a pas toujours été tendre avec les habitants. En effet, le village était originellement situé en contre bas sur la rive gauche de l’Isère, avant qu’une avalanche ne le détruise. Rapidement, les habitants ont décidé de reconstruire le village en amont. Des inscriptions retrouvées sur la charpente des vieilles bâtisses datent les premières constructions du nouveau village à 1750. L’été on peut apercevoir les ruines de l’ancien village désormais appelé « le Fornet d’en bas ».

On estime à 70 le nombre d’habitants à vivre à l’année au Fornet. Si ce n’est pas le plus haut village de France, il figure dans le top cinq. Beaucoup de familles originaires habitent encore dans le village et de nombreux chalets sont également loués pendant la saison d’hiver. Si vous demandez aux anciens ce qu’ils préfèrent au Fornet, ils vous répondront sans hésiter « la tranquillité ». En effet, aisément accessible mais légèrement éloigné du centre de Val d’Isère, le Fornet ne dispose que d’un hôtel et deux restaurants, l’un étoilé, l’autre tenu par une famille pionnière de la station. Un vent d’authenticité souffle depuis de nombreuses années sur le Fornet et cela n’est pas prêt de changer : parole d’ancien !

 

Anecdote « Les bronzés font du ski »

Vous vous rappelez surement de cette réplique culte : « le planté de bâton, monsieur Dusse, le planté de bâton ». Le moniteur de ski de Jean-Claude Dusse n’était pas un acteur, mais un vrai moniteur de ski. Il s’appelait Fernand Bonnevie, originaire de Val-d’Isère. Il est décédé en 2013 à l’âge de 98 ans. En se rendant dans le vieux village on passe d’ailleurs devant son chalet nommé…  « Le planté de bâton » !

Spécialités culinaires et spécialités artisanales

Depuis 1965, la famille Chevallot est installée à Val d’Isère. Élu Meilleur Ouvrier de France en pâtisserie en 1993, Patrick Chevallot perpétue le savoir-faire de sa famille. Impossible de venir à Val d’Isère sans se rendre dans l’une de ses deux boutiques : la première est  située sur l’avenue Olympique, et la seconde, entièrement rénovée, en plein cœur du village. Sur place on y savoure le gâteau l’Ancolie, spécialité locale, la patte d’ours, le gâteau de Savoie, la tarte aux myrtilles ou tout simplement un chocolat chaud gourmand fait maison.

A découvrir également : le fromage local, l’Avalin, fromage à pâte cuite issu de nos alpages et produit à la ferme de l’Adroit.

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