Inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques, l’église Saint-Bernard de Menthon livre le témoignage de plusieurs siècles de construction.

Elle est construite à l’emplacement d’une grande chapelle romane, assez difficile à dater en raison de manque de sources historiques. À l’observation du bâti, on situe ce premier édifice autour du XIe siècle. Ses dernières traces sont l’arc de chœur et les petites fenêtres obturées sur les murs latéraux visibles depuis l’extérieur.

Avant la construction de l’église proprement dite, Val d’Isère dépendait de la paroisse de Tignes, ce qui contraignait les Avalins à braver les dangereuses gorges de la Daille pour assister aux offices. En 1531, les habitants de Val d’Isère obtiennent le privilège de bâtir leur propre église avec fonds baptismaux, clocher et cimetière.

On ne sait pas exactement quand les travaux de transformation ont commencé mais ils devaient probablement être terminés en 1664, date de construction de la tour du beffroi adjacente. Lors de ces travaux, l’ancienne chapelle est agrandie pour prendre la forme de l’église actuelle. Le chœur est agrandi et surélevé d’un escalier, abandonnant une structure en « cul de four » pour adopter une forme quadrangulaire. Les anciennes fenêtres sont obturées et les grandes ouvertures en demi-lunes sont creusées. Bien qu’édifiée aux XVIe et XVIIe siècles, l’église présente une enveloppe extérieure très sobre et minérale, à l’image de l’architecture vernaculaire de la vallée tarine.

À l’intérieur, un vaste programme de décoration est réalisé au XVIIe siècle dans un style baroque. Dans le contexte de la Contre-Réforme et des décrets du Concile de Trente, l’Église catholique soutient la diffusion de l’art baroque. Ce style de propagande donne une dimension émotionnelle à l’art religieux qui devient un véritable outil de communication. Il se distingue par un foisonnement décoratif, une tension émotionnelle très forte et l’utilisation simultanée des couleurs primaires, le rouge, le jaune et le bleu.